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Dragonball et le Xiyouji

Un énorme merci à San999 pour cet article à lire, à relire, à rerelire tellement il est bon !

Comme vous le savez sûrement (ou peut-être pas), à l’origine de Dragonball, il y a une vieille histoire chinoise. Je me propose donc de montrer les liens que Dragonball a avec celle-ci. Je ne prétends pas à l’exhaustivité cependant, car on pourrait sûrement trouver d’autres parallèles entre les deux oeuvres que ceux que je vais citer.

Le Xiyouji

Sun WukongPour commencer, quelques mots sur ce récit chinoise. Son titre est Xiyouji (Saiyuki en japonais), traduit en français sous différents titres : Le Voyage en Occident, La Pérégrination vers l’Ouest ou Le Roi des Singes. Il s’agissait au départ de plusieurs contes sous formes de romans, de nouvelles, de pièces de théâtre et même de tradition orale, tous tournant autour de la même légende. Puis, au XVIe siècle, un certain Wu Cheng En en a écrit une version complète dans un gigantesque ouvrage considéré comme l’un des plus grands chefs-d’oeuvres de la littérature chinoise, plus précisément l’un des Quatre Livres Extraordinaires de la littérature chinoise. Cette histoire raconte le voyage d’un moine chinois du VIIe siècle parti en Inde chercher des sûtras encore inconnus en Chine, mission qui lui avait été investie par une bodhisattva nommée Guan Yin (Kan’non en japonais). Durant ce voyage, Xuan Zang (Genjô Sanzô en japonais et Tripitaka en sanskrit), le moine, va croiser plusieurs monstres qui vont souvent l’attaquer, mais dont certains deviendront des compagnons de route, chargés de le protéger. Tout d’abord, ce fut le célèbre Sun Wukong (Son Gokû en japonais) qui se joignit à lui. Puis, ce fut au tour d’un prince dragon du nom de Yu Long (Gyoku Ryû en japonais), qui se transforma en cheval pour servir de monture à Xuan Zang. Vint le tour de Zhu Bajie (Chô Hakkai en japonais) et enfin de Sha Wujing (Sa Gojyô en japonais). Chacun d’eux aurait eu le pouvoir suffisant pour emmener Xuan Zang à destination en un clin d’oeil, mais Guan Yin et les autres divinités considéraient que le voyage en lui-même était formateur. Il faut savoir aussi qu’à l’origine, cette légende se base sur un fait historique, puisqu’il y a réellement eu un moine nommé Xuan Zang qui a voyagé jusqu’en Inde pour traduire des sûtras du sanskrit vers le chinois et les ramener dans l’Empire du Milieu, au VIIe siècle. Par contre, Sun Wukong et tous les autres monstres ne sont qu’affabulations, bien entendu. Pour la petite histoire, le Xiyouji est une oeuvre tout aussi importante au Japon qu’en Chine et elle a influencé grand nombre d’artistes, y compris des mangakas (je pense que quand j’ai dit que le titre japonais du Xiyouji était "Saiyuki", cela a sûrement rappelé un certain manga à quelques uns d’entre vous). Une dernière précision, quand je parlerai des personnages du Xiyouji dans cet article, j’utiliserai toujours leurs noms chinois, pour ne pas qu’il y ait de confusion. Donc, ce sera Sun Wukong pour le personnage du Xiyouji et Son Gokû pour le héros de Dragonball.

L’influence sur l’histoire

À la base, Akira Toriyama avait surtout imaginé l’histoire du voyage initiatique de Son Gokû et pour cela, il s’est inspiré du Xiyouji. On peut d’ailleurs faire un parallèle entre le voyage de Bulma et Son Gokû à la recherche des dragonballs et le voyage de Xuan Zang et ses compagnons. Son Gokû comme Sun Wukong ont dû affronter différents adversaires plus ou moins fantasques durant leurs quêtes, dont certains les rejoindront au final. Tous deux ont dû protéger et sauver soit Xuan Zang pour l’un, soit les dragonballs et Bulma pour l’autre. Tous deux se retrouvent aussi souvent sauveurs d’un village ou d’autres innocents qui subissaient une menace quelconque.

Les personnages

Son Gokû

GokuSon Gokû est bien entendu inspiré de Sun Wukong, dont il partage le nom. Sun Wukong est un singe dans le Xiyouji et Son Gokû a une queue de singe. D’ailleurs, au départ, Toriyama voulait en faire un singe, mais il a changé d’avis.Par ailleurs, Sun Wukong possède une arme magique, un bâton qui grandit, rapetisse, s’épaissit et s’amincit à volonté et presque à l’infini. Ce qui n’est pas sans rappeler le bâton magique de Gokû. Wukong peut se déplacer dans les nuages, des nuages dorés plus précisément et Gokû a son nuage supersonique (le Kintoun). Enfin, Gokû est tout comme Wukong un balèze de petite taille, même si le héros du Xiyouji n’est plus un enfant. Cependant, au niveau personnalité, ils n’ont pas grand chose en commun. Même si Wukong aime la bonne nourriture, il n’arrive pas à la cheville de son compagnon Zhu Bajie en ce qui concerne la gloutonnerie et la gourmandise n’est donc pas un de ses traits de caractère. Le singe est également un rusé très violent et ayant ses accès de colère, alors que Gokû est plutôt du genre naïf et relativement calme et même s’il tue parfois ses adversaires, on ne peut pas dire de lui qu’il est violent. D’ailleurs, Wukong est plus ou moins une sorte de grand criminel qui essaie de se racheter une conduite, même si pas toujours avec grand succès.

Bulma

BulmaElle est en quelque sorte l’équivalent de Xuan Zang. Elle a été pour Gokû, la personne qui lui a permis de se lancer dans un voyage et de partir de sa montagne pour la première fois. Xuan Zang est celui qui a libéré Wukong de la montagne où le Bouddha lui-même l’avait enfermé après ses crimes et le moine est donc à l’origine du voyage du singe. Par ailleurs, Bulma a comme Xuan Zang cette propension à se fourrer dans les ennuis et à devoir ensuite être sauvée par Gokû/Wukong. Ben, oui, rappelez-vous du ptéranodon, de la transformation en carotte et tout le reste. Cela dit, ce n’est rien à côté de Xuan Zang. On dirait qu’il a une passion pour le fait d’être victime de kidnapping et le nombre de fois où il a failli être boulotté par un monstre est incalculable. À un moment donné, Wukong, agacé, s’est même carrément exclamé qu’ils iraient plus vite chercher les sûtras sans le bonze. Autre petit point commun, c’est le paradoxe de l’intellect des deux personnages. Xuan Zang est à la fois un naïf (il passe son temps à se laisser berner par les pièges des monstres) et un être plein de sagesse, quant à Bulma, elle est à la fois une tête de linotte (« Oh ! Qu’il est beau ce jeune homme ! C’est un ami ? » - « Il voulait nous tuer... ») et un grand génie scientifique. Mais la comparaison s’arrête là. La jeune femme est une vaniteuse qui adore (exige) le confort et tout ce qui va avec, alors que le moine est modeste et se contente du minimum. Oh ! Et pour la petite histoire, rappelez-vous de la première conversation entre Gokû et Bulma. Lorsqu’elle lui dit qu’elle veut réunir les dragonballs, il lui demande si c’est pour en faire un chapelet (dans la première édition français, il dit collier, mais il parle bien d’un chapelet en v.o.) et dans le phylactère où il dit ça, on voit Bulma habillée en moine. Je pense qu’il s’agissait probablement d’un petit clin d’oeil.

Ûron

UronIl est l’alter ego de Zhu Bajie. Zhu Bajie est un monstre à tête de porc qui kidnappe des jeunes filles dans un village qu’il terrorise. Il est donc tout autant obsédé qu’Ûron. Tous deux ont commencé par être des adversaires de Wukong/Gokû. Bajie sait également se transformer en ce qu’il veut (notamment en jeune et bel homme). Cela dit, c’est un pouvoir qui est assez banal parmi les créatures fantastiques du Xiyouji. Cependant, Zhu Bajie, bien que loin du niveau de Wukong, est tout de même une énorme brute qui sait vraiment se battre, alors qu’Ûron est incapable de faire du mal à une mouche. De même, Bajie est un vrai goinfre, alors qu’Ûron a un appétit normal.

Yamcha

YamchaIl correspondrait au personnage de Sha Wujing. Yamcha et Wujing ont été les derniers compagnons à se joindre au voyage et les deux ont été des adversaires qui se sont fait ridiculiser par Wukong/Gokû. Par ailleurs, Yamcha était un bandit du désert, alors que Wujing était un monstre qui se tapissait dans une sorte de fleuve de sable pour agresser les voyageurs. Le lien s’arrête là, car leurs personnalités n’ont rien à voir. Wujing est loin de l’exubérance de Yamcha, étant plutôt du genre discret. De plus, Wujing est un monstre d’une extrême laideur, alors que Yamcha est un très beau jeune homme. Kame Sennin : Il joue en quelque sorte le rôle de Guan Yin. Bien que contrairement à celle-ci, Rôshi n’est pour rien dans l’initiation du voyage, il est tout comme elle présenté comme un personnage qui bien que n’apparaissant que peu, est doté d’une énorme puissance. Kame Sennin est présenté durant les deux premiers volumes (donc, ceux les plus concernés par l’inspiration du Xiyouji) comme à peu près le seul personnage dépassant Gokû. Guan Yin, bien que n’étant pas le seul personnage à pouvoir vaincre Wukong, en est quand même celle qui représente le mieux le fait qu’au final le singe n’est pas si ultime que ça et qu’il lui reste encore du chemin, car c’est celle qui est le plus au contact des héros. De même, Guan Yin et Kame Sennin sont ceux auxquels les héros viennent demander de l’aide en dernier recours. Bon, c’est vrai que Rôshi n’a été appelé à l’aide qu’une seule fois. Mais c’est quand même un peu le rôle qui a été attribué au personnage. Enfin, il est à noter que Guan Yin vit aussi sur île très reculée (une île réservée aux immortels, il me semble) tout comme le maître des tortues. Mais il est clair que notre obsédé de maître des tortues n’a strictement rien à voir avec la pure bodhisattva, au niveau personnalité. Encore que malgré les apparences, le maître de Gokû n’est pas sans sagesse.

Gyûmaô

GyumaoSon nom est également tiré d’un personnage du Xiyouji. En effet, Gyûmaô est le nom japonais de Niumowang, un monstre-démon taureau. En plus, du nom et du thème du taureau (Gyûmaô a des cornes sur son casque), les deux personnages ont en commun d’être à leurs premières rencontres avec le groupe de héros, des êtres hostiles et extrêmement violents. Par ailleurs, Niumowang est un ancien ami de Wukong et Gyûmaô est de son côté également lié à Gokû, puisque c’est un ami de son grand-père, Son Gohan. De plus, Niumowang a été ramené à la raison par Guan Yin qui a usé d’un objet magique pour le calmer. Tandis que Gyûmaô a lui été ramené sur le droit chemin par Kame Sennin, même si ce dernier n’a pas eu besoin d’user de force contrairement à la bodhisattva. Enfin, alors que Niumowang deviendra le disciple de Guan Yin, après que celle-ci lui ait jeté son sort, de son côté le père de Chichi était déjà l’élève de Rôshi. Cependant, Niumowang n’a jamais eu de fille. Krillin

Kulilin

Il est habillé en bonze et est le meilleur ami de Gokû. Alors, peut-être que Toriyama s’est dit que puisqu’il n’avait pas fait de Bulma un moine, il allait dessiner un bonze avec Kulilin. Mais c’est le seul point commun entre Kulilin et Xuan Zang.

Kinkaku et Ginkaku

kinkakuCes deux personnages apparaissent uniquement dans l’anime. Ces deux frères bandits terrorisent un village avec une calebasse magique aspirant les gens à l’intérieur. Gokû leur filera une rouste. Sun Wukong aura aussi à faire à deux frères démons du nom de Jinjiao et Yinjiao (nom chinois de Kinkaku et Ginkaku) qui eux aussi utilisent une calebasse magique aspirant les gens à l’intérieur. Jinjiao et Yinjiao seront finalement vaincus par Wukong, puis capturés par un grand maître taoiste divinisé : Laotzu.

Enma

EnmaIl n’est pas à proprement parler tiré du Xiyouji, car Enma ou Yanluo en chinois ou encore Yama en sanskrit, est une divinité infernale répandue dans plusieurs religions asiatiques que ce soit l’hindouisme, le bouddhisme ou encore le taoisme. Selon les traditions, il peut être un dieu totalement infernal ou entre l’Enfer et le Paradis, mais il est la plupart du temps responsable du jugement des âmes, comme le Enma de Dragonball. Yanluo est un personnage récurrent du Xiyouji qui entretien des rapports plus ou moins paisibles ou conflictuels avec Wukong. Mais difficile à dire si Toriyama a décidé de prendre Enma pour divinité juge des âmes parce qu’il l’était aussi dans le Xiyouji ou tout simplement parce qu’il est une divinité bouddhique, religion très répandue au Japon.

Les objets

Il y a aussi un certain nombre d’objets de Dragonball qui sont plus ou moins directement inspirés du Xiyouji. En voici quelques uns.

Comparaison, baton à la main

Le bâton magique

Ou Nyoibô en japonais et Ruyibang en chinois, ce qui signifie plus moins "Bâton à Mon Bon Plaisir". Nyoibô est un bâton qui grandit dans le manga. Dans le roman, Ruyibang peut en plus rétrécir, s’épaissir et s’amincir. Par ailleurs, les deux objets utilisés comme armes ont été détournés de leurs fonctions originelles, puisque le Nyoibô servait à relier la Tour Karin au Palais de Dieu et que le Ruyibang avait servi à niveler le fond de la mer. Par contre, là où Gokû avait reçu son bâton en cadeau de son grand-père, Wukong l’avait pris de force à un roi dragon.

L’éventail magique

Ou Bashôsen en japonais et Bajiaoshan en chinois. Ils ont la même fonction et le même fonctionnement dans le manga et dans le roman, à quelques détails près. Cependant, si l’éventail magique de Dragonball appartient à Kame Sennin, celui du Xiyouji appartient à Tieshan Gongzhu, la mère d’un monstre vaincu par Wukong.

Le nuage supersonique

Il ne s’agit pas à proprement parler d’un objet dans le Xiyouji, puisque tout personnage immortel ou autre créature fantastique ayant suffisamment de pouvoirs vole avec à ses pieds des nuages dorés. Ce n’est donc pas une exclusivité de Wukong. Il n’y a par ailleurs pas de condition de pureté du coeur dans le Xiyouji, même des démons se déplacent sur des nuages, par contre ceux-ci sont accompagnés de miasmes noirs et pas d’une lueur dorée. Le bonbon indigeste : Dans le cas du bonbon, il s’agit plus du principe qui a été inspiré à Toriyama. En effet, dans le Xiyouji, Guan Yin donne à Xuan Zang trois anneaux magiques à mettre sur le crâne de certaines créatures, anneaux qui sont impossibles à enlever. Il suffit alors à Xuan Zang de réciter une petite incantation pour donner un mal de crâne atroce à la victime. Ce sera Sun Wukong qui en fera les frais, car il n’était au départ pas très enclin à suivre le moine. Celui-ci devra d’ailleurs user de cette magie à d’autres occasions pour calmer le singe parfois trop enclin au meurtre. Dans Dragonball, c’est un bonbon fabriqué par Bulma qui le donne à Ûron. Celui-ci est alors pris d’horribles maux de ventre lorsqu’il entend des sifflements.

La calebasse magique

Ou Hyotan, est une exclusivité de l’anime. Cet objet est possédé par Jinjiao et Yinjiao dans le roman et par Kinkaku et Ginkaku dans Dragonball. Dans les deux cas, cet objet aspire des gens à l’intérieur pour les dissoudre peu à peu.

Les techniques

Dans Dragonball, il existe aussi certaines techniques plus ou moins inspirées du Xiyouji. Même si c’est un peu plus flou, car certains pouvoirs sont trop répandus dans les fictions pour qu’on puisse dire avec certitude s’il y a une inspiration particulière ou non. En voici tout de même quelques unes que j’ai repérées.

La métamorphose d’Ûron et Pûar

Alors que dans Dragonball, ce pouvoir est une particularité d’Ûron et Pûar, dans le Xiyouji, il est relativement banal parmi les différents êtres fantastiques qui peuplent ce conte. Bajie, mais aussi Wukong, Wujing, Guan Yin, Yu Long, Nimowang, Yinjiao et Jinjiao, bref ! toute une série de personnages peuvent changer de forme à volonté. S’il n’y a pas des contraintes aussi précises que "pas plus de cinq minutes de transformations" ou "pause d’une minute entre chaque séance de transformations", il y a en revanche des transformations plus ou moins fidèles selon les capacités de celui qui se transforme et il est impossible d’acquérir des pouvoir que l’on a a pas soi-même.

La démultiplication

La technique de Ten Shin Han (et aussi de Piccolo et Kulilin, dans l’anime) est également présente dans le Xiyouji. Plusieurs personnages et particulièrement Wukong peuvent se démultiplier. Mais Wukong s’est reproduit en plusieurs centaines, alors que dans Dragonball, cela se limitait à quatre au maximum. Le gigantisme : La technique de Piccolo est également une technique utilisée par Wukong et d’autres personnages du conte. À noter que Wukong peut aussi rapetisser.

La régénération et la Danse de l’Air

Ces deux techniques (ou pouvoirs) sont également présentes dans le Xiyouji. Mais dans la mesure où il s’agit de pouvoirs extrêmement répandus dans les fictions (encore plus que les trois précédentes), il est vraiment trop hasardeux de dire que Toriyama s’est inspiré du conte pour les créer. Surtout la Danse de l’Air (Bukûjutsu) qui dans Dragonball se fait sans soutien particulier, à la manière de Superman, alors que dans le Xiyouji, les personnages volent en étant debout sur des nuages la plupart du temps dorés.

Lieux

Le seul lieu vraiment marquant qu’il y ait en commun entre Dragonball et le Xiyouji est la Montagne de Feu : Furaipan Yama en v.o. pour Dragonball et Huoyanshan dans le Xiyouji. (Mais attention, Furaipan Yama n’est pas la traduction de Huoyanshan, car le premier veut dire Mont-Poêle-à-Frire, alors que le second veut dire Mont Enflammé.) Toujours est-il que tout comme Gokû est tombé face à cette montagne enflammée et qu’on lui a demandé de l’éteindre, Wukong a également dû aller chercher l’éventail magique. Cependant, alors que dans Dragonball, Kame Sennin possédait l’éventail, dans le Xiyouji, c’était Tieshan Gongzhu, la mère d’un monstre vaincu par Wukong qui l’avait. Autant dire que ce ne fut pas facile pour ce dernier de récupérer l’éventail. Il est également à noter que l’histoire de Niumowang est liée à celle du Huoyanshan, tout comme l’histoire de Gyûmaô est liée à celle du Furaipan Yama. Sinon, Wukong va régulièrement en Enfer, aux cieux chez les dieux et dans différents lieux inaccessibles aux humains normaux. Cela pourrait évidemment être comparé au Kaiôkai, au Kaiôshinkai, au Palais de Dieu, etc., mais il n’y a rien qui me rappelle de manière précise un élément de Dragonball. On peut cependant tenter de faire quelques parallélismes entre l’Au-Delà du Xiyouji et celui de Dragonball.

Les inspirations des religions asiatiques pour l’Au-Delà de Dragonball

XiyoujiJe vais essayer de faire quelques parallélismes, mais mes connaissances sur le sujet sont limitées, surtout parce qu’en fait, il existe plusieurs traditions et plusieurs religions qui s’entrecroisent, mais je vais me limiter à la représentation donnée dans le Xiyouji. Comme dans le bouddhisme et le taoisme tels que présentés dans ce roman, dans Dragonball, les méchants sont purifiés et lavés de tous leurs souvenirs en Enfer avant d’être réincarnés, si l’on en croit ce que dit Piccolo à Bejîta avant que celui-ci ne se sacrifie face à Boo. Alors que les gentils peuvent sortir du cycle des réincarnations en allant au Paradis (qui, pour le peu qu’on a vu, n’est pas spécialement paradisiaque, juste une planète agréable où des gentils morts "vivent"), certains peuvent même garder leurs corps s’ils ont été de grands et valeureux combattants et s’entraîner auprès de Dai Kaiô. Dans le Xiyouji, quelqu’un qui a atteint la Voie peut sortir du cycle des réincarnations et devenir disciple (ou arhat) de Bouddha lui-même. Cela dit, je résume et simplifie beaucoup. Ceux qui vont en Enfer dans le Xiyouji y restent un moment avant de se réincarner et ils sont réincarnés dans des formes de vies inférieures et ceux qui ont été bons durant leur vie, mais n’ont pas atteint la Voie doivent aussi se réincarner, entre autres détails. À noter aussi que les cinq Kaiôs dont quatre sont associés à des points cardinaux peuvent également être comparés aux cinq directions (Nord, Sud, Est, Ouest, Centre) présentes dans la majorité des traditions extrêmes-orientales et qui sont souvent associées à des divinités (par exemple, les cinq dhyani bouddhas) et aux cinq éléments chinois (feu, eau, terre, bois, métal).

Voilà ! J’ai fait le tour de ce que je voulais dire. En conclusion, je vous conseillerais de lire le Xiyouji. Cela permet de lire par soi-même l’oeuvre qui est à l’origine de Dragonball, d’avoir une lecture intéressante et puis c’est la frime de lire un bouquin de deux milles pages (en réalité, il s’agit de deux volumes de mille pages chacun pour l’édition que j’ai lue).

Sources

  • Les 42 volumes de Dragonball d’Akira Toriyama, traduction de Valérie Herbert et Ryutaro Matsumoto
  • Le Xiyouji de Wu Cheng En, traduction d’André Lévy
  • La série Dragonball de la Toei Animation
  • Le Dictionnaire de Dragonball de Bird Studio, Toei Animation et Shueisha, traduction d’Olivier Huet Ainsi que deux sites qui m’ont permis de me rafraîchir la mémoire sur certains éléments : Wikipedia
  • Chine Informations : http://www.chine-informations.com

Un énorme MERCI à San999 pour son article, et pour sa patience face à la lenteur de sa publication ; -)